Bonjour à toutes et à tous,

Je suis très heureux d’être ici, au sein de l’IHEDN pour cette conférence portant sur le management des risques des grands événements sportifs. Mais surtout ravi de partager ce moment avec Patrick (VAJDA) que je connais depuis maintenant plus de 20 ans. J’occupais à l’époque le poste de chargé de mission gestion des risques opérationnels au sein de la direction sécurité du comité d’organisation de la coupe du monde de football en France en 1998 alors que Patrick pilotait le programme de courtage d’assurances pour le compte de la direction financière.

Salarié versus prestataire, Direction sécurité versus direction financière… bon vous l’avez compris, rien ne semblait pouvoir favoriser notre rencontre. Et pourtant ! Nous avons su créer une passerelle nécessaire entre des domaines connexes. Ce qui, encore aujourd’hui, ne semble pas aller de soi.

En effet, en France, nous avons tendance à travailler « en silo » et l’événementiel sportif ne fait que rarement exception à la règle.

Sécurité, sûreté, gestion de crises, assurance sont encore souvent traitées de façon cloisonnée. Pourtant, cette segmentation apparait de moins en moins pertinente.

Si, on définit un risque comme une situation susceptible d’altérer ponctuellement ou durablement la capacité de l’organisation à atteindre ses objectifs, alors, il convient de privilégier, au contraire, une approche globale. Et c’est en s’appuyant sur une démarche systémique de management des risques que nous pourrons répondre efficacement aux défis des grands événements sportifs.

Évidemment, les menaces d’atteintes aux biens et aux personnes restent, et c’est normal, au centre de toutes les attentions. Catastrophes naturelles, mouvements de foule, effondrement d’une tribune ou incendie pour les situations accidentelles ; actes de terrorisme, bien sûr. Mais également rixes entre supporters, vols et braquages, pour les actes de malveillance, sont autant d’évènements aux conséquences potentiellement dramatiques

Toutefois, depuis quelques années de nouveaux risques ont fait leur apparition ou ont vu leur sensibilité s’élever : risques sanitaires, risques informatiques, juridiques ou financiers, risques « projet », d’atteinte à l’image et à la réputation, risques normatifs ou de défaut de conformité sont autant de sujets qui doivent traités afin d’éviter la mise en cause de la responsabilité des parties prenantes ou la perturbation de la manifestation, voire son annulation.

Un autre domaine doit également faire l’objet de toutes les attentions car il touche l’essence même du sport et la pérennité de son écosystème. L’actualité tennistique et le CNOSF, qui vient d’éditer un guide qui lui est totalement consacré, en sont la parfaite démonstration. Je veux parler de l’Intégrité sportive.

Que ce soit à cause du développement des réseaux de paris illégaux ou des dossiers de dopage, le risque de manipulation des compétitions sportives semble connaître depuis quelques années une dérive à la fois globale et générale.

J’en veux pour preuve le rapport réalisé par la Sorbonne et l’ICSS (l’International Center for Sport Security). Il stipule, je cite, que « les affaires de manipulation concernent aujourd’hui tous les États et toutes les régions du monde (…). Elles menacent aussi bien les compétitions à faible enjeu sportif et économique que les compétitions internationales ». Il est clair qu’aujourd’hui, garantir l’équité sportive n’a jamais été un enjeu aussi sensible (j’en vois parmi nous qui pourront sans doute nous apporter leurs commentaires éclairés sur le sujet).

En conclusion, l’univers du sport a beaucoup évolué depuis une décennie et le champ des menaces s’est fortement renforcé et élargie. Si la protection des personnes et des biens reste un enjeu majeur, la protection des actifs immatériels est également à maîtriser afin d’assurer la tenue des grands évènements sportifs, leur préparation et l’héritage qu’ils doivent laisser aux territoires qui les accueillent.


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